Le 1er janvier 2025, la nouvelle loi sur l’électricité, approuvée par le peuple en juin 2024, entrera en vigueur. Elle permettra la mise en place de nouvelles communautés énergétiques à partir de 2026. Les énergies renouvelables comme le solaire peuvent ainsi être produites et consommées localement. Dans le cadre de sa thèse au sein du CAS Energie digital de l’OST – Haute école spécialisée de Suisse orientale, Lucien Debons a développé un calculateur qui calcule l’efficacité économique de ces communautés électrique locales et peut ainsi contribuer à la transition énergétique.
Après l’adoption de la loi électricité, Lucien Debons a été littéralement bombardé de questions : « Qu’en est-il de ces communautés énergétiques ? ». Avec la nouvelle loi sur l’électricité, le peuple a également approuvé de nouvelles communautés énergétiques, et l’ingénieur électricien diplômé s’est spécialisé dans ce sujet dans son mémoire de fin d’études au CAS Energie digital à l’OST. Le résultat est un calculateur capable d’évaluer la rentabilité et l’attractivité des communautés énergétiques.
Produire et consommer de l’électricité localement
Il existe déjà une forme de communauté énergétique appelée RCP. RCP est l’abréviation de « regroupement de consommation propre ». Plusieurs ménages s’associent dans une RCP pour produire et consommer leur propre énergie. En règle générale, il s’agit de l’énergie d’un système solaire photovoltaïque. Grâce au RCP, le propriétaire de l’installation solaire peut vendre l’énergie solaire directement aux locataires du même immeuble. « Les deux parties en profitent : le système solaire fonctionne à plein régime et les ménages reçoivent de l’énergie solaire moins chère et au maximum 80 % du prix du réseau », explique Lucien Debons. Cependant, seuls les ménages qui font partie d’un réseau privé peuvent adhérer à un RCP, c’est-à-dire uniquement les ménages du même bâtiment ou leurs voisins immédiats. À l’heure actuelle, le réseau électrique public n’est pas autorisé à être utilisé pour un RCP. Cela va changer avec la nouvelle loi sur l’électricité.

Mini-libéralisation du marché de l’électricité
Deux nouvelles formes de communautés énergétiques complètent le statu quo : la communauté électrique locale (CEL) et l’association d’autoconsommation virtuelle (RCP virtuelle). « Avec le CEL et le RCP virtuel, nous vivons une mini-libéralisation du marché de l’électricité », explique le diplômé du CAS Energie digital. En effet, avec un RCP virtuel, les lignes électriques à proximité immédiate peuvent désormais être utilisées. Tous les foyers connectés à la même armoire de distribution d’énergie peuvent faire partie du RCP virtuel. Les CEL vont encore plus loin : l’électricité peut être vendue et consommée au-delà des limites de la propriété dans tout le périmètre d’une commune. Il s’agit toujours d’électricité autoproduite, qui est commercialisée dans les CEL– vous payez donc un tarif de réseau réduit pour être autorisé à utiliser le réseau électrique public.
« Les deux nouveaux modèles permettent une utilisation efficace et économique des énergies renouvelables en favorisant la flexibilité et l’intégration des consommateurs et des producteurs d’énergie locaux. »
Lucien Debons
Diplômé du CAS Energie numérique à l’OST – Haute école spécialisée de Suisse orientale

Mettre en œuvre plus facilement des projets d’énergie renouvelable
Les deux nouvelles formes de communauté énergétique ont un autre avantage. Contrairement au RCP, tous les ménages ne sont pas tenus d’y participer. « C’est une petite révolution. À l’heure actuelle, un seul ménage dans un immeuble peut s’opposer à la formation d’un RCP et ainsi empêcher la mise en place d’un système solaire par exemple », explique Lucien Debons. « Les deux nouveaux modèles permettent désormais une utilisation efficace et économique des énergies renouvelables en favorisant la flexibilité et l’intégration des consommateurs et producteurs d’énergie locaux. »
Les RCP virtuel et les CEL sont confrontés au défi que l’électricité doit être produite et consommée en même temps. « Il s’agit d’éviter qu’un surplus ne reflue sur le réseau », explique Lucien Debons. « Il est préférable pour une CEL que l’électricité soit produite localement et consommée en même temps. » Selon le diplômé du CAS Energie numérique, cela présente des avantages pour les producteurs et les consommateurs. Entre autres choses, les frais pour l’utilisation du réseau sont réduits, les ménages sont moins dépendants du réseau public et la sécurité d’approvisionnement augmente. En outre, des incitations sont créées pour investir dans des projets énergétiques locaux et pour promouvoir les énergies renouvelables.

Conduire la transition énergétique décentralisée
Pour résoudre ce problème, Lucien Debons a mis au point un calculateur qui compare la courbe de production avec la courbe de consommation d’un quartier. « Je peux calculer quels ménages s’intègrent dans un CEL afin que l’échange d’énergie solaire soit aussi élevé que possible. » De plus, son calculateur peut être utilisée pour calculer les économies pour le consommateur et le rendement supplémentaire pour le propriétaire d’un système d’énergie renouvelable. Le calculateur sert ainsi d’aide à la décision pour les investisseurs, les exploitants d’installations et les consommateurs. « Avec le calculateur, vous pouvez trouver une solution optimale pour chaque situation », explique Lucien Debons. L’expert en énergie voit le plus grand potentiel dans le chauffage et les véhicules électriques. « Les pompes à chaleur et les stations de recharge pour voitures électriques peuvent être contrôlées pour suivre la courbe de production. Une voiture électrique, par exemple, est automatiquement chargée lorsqu’une installation solaire du CEL produit juste assez d’électricité.
Lucien Debons s’est mis à son compte avec le calculateur d’énergie pendant son travail de fin d’étude. Début 2024, il fonde la société « dSYDE SA », avec laquelle il conseille les entreprises et les particuliers sur la rentabilité et l’optimisation des communautés énergétiques. Il en est convaincu : « La rentabilité et l’attractivité des communautés d’énergie renouvelable peuvent être maximisées de cette manière – la durabilité est accrue et le réseau est préservé. » Il souhaite ainsi contribuer à la transition énergétique décentralisée.
CAS Energie numérique
La décentralisation de la production d’énergie entraîne une augmentation de la quantité de données. La technologie numérique favorise ce changement – surtout par l’établissement de logiciels et de matériels open source. Le CAS Energie numérique permet aux participants d’approfondir des notions telles que l’IoT, la science des données ou le Smart Grid et d’acquérir les compétences nécessaires pour travailler de manière autonome sur des applications concrètes.
